1. Démonstrer l’intérêt concret via des expériences de terrain
Rien n’est plus convaincant que le vécu partagé. Organiser dans les établissements ou les associations des ateliers où familles et seniors expérimentent ensemble jeux mémoire, tablettes adaptées ou visioconférences, permet de casser les représentations négatives. Au CHU de Toulouse, une initiative associant équipes de soins, familles et ergothérapeutes a permis d’augmenter de 40% le taux d’appropriation des outils numériques lorsque l’essai était accompagné et non imposé.
2. S’appuyer sur des ambassadeurs et des témoignages
Les retours d’autres familles, de soignants et même de seniors eux-mêmes jouent un rôle déterminant. Selon une enquête du « France Alzheimer », les aidants sont 62% à déclarer avoir essayé elles-mêmes une solution après l’avoir vue utilisée positivement par autrui. Valoriser et partager ces témoignages aide à lever la peur de mal faire ou d’être « dépassés ».
3. Proposer des formations courtes et personnalisées
- Ateliers collectifs pour parents et aidants : Éviter le tout-digital en multipliant les formats : tutoriels papier, vidéos, sessions de questions-réponses.
- Accompagnement individuel : L’accompagnement par un professionnel (infirmier, animateur en gérontologie ou ergothérapeute) lors de la première prise en main augmente nettement la confiance et l’adhésion, ce que confirme une évaluation menée par l’AFNOR en 2022.
La “charte d’engagement numérique en EHPAD” lancée par le Ministère de la Santé en 2021 encourage d’ailleurs fortement le développement de temps pédagogiques pour les familles, avec implicite reconnaissance du rôle pivot qu’elles jouent dans la réussite du projet.
4. Adapter les outils au rythme et à la culture familiale
Proposer un outil ne suffit pas : il faut s’assurer qu’il fait sens pour la famille. Cela implique de prendre en compte ses habitudes, sa langue, son rapport aux écrans. Un calendrier partagé peut être plus pertinent qu’un serious game pour certaines familles, tandis qu’un outil de visioconférence simplifié répondra mieux à d’autres.
5. Miser sur la convivialité et l’émotion
Convier la technologie comme prétexte à partager un moment ensemble — redécouvrir d’anciennes photos numériques, enregistrer des anecdotes, chanter sur des applications musicales — favorise l’engagement émotionnel. Le projet Reminiscence Therapy (Université de Cambridge) a illustré combien la mémoire épisodique des seniors était mieux stimulée dans un contexte affectif partagé.